Rôle du Liban dans l’histoire de la soie.
Tiré du livre de l’Emir Maurice H. Chéhab - 1968
Publication de l'Université Libanaise
La Chine avait le monopole de la production du vers à soie. Sous Justinien, un moine byzantin fit sortir, dans une canne en bois de bambou dévidée, des cocons. Depuis cette production fut répandue dans tout l’empire, en Europe, et notamment au Liban, où on cultiva dans tous les villages, le mûrier, qui servait de nourriture aux vers à soie.
Au milieu du VIème siècle, Beyrouth faisait déjà le commerce de la soie sur une grande échelle et possédait de nombreux métiers à tisser.
“L’influence de Colbert (1619-1683) fut décisive, il obtient le monopole du marché de la soie brute. (surtout du Liban) pour les manufactures de Lyon.” (Mgr. Jean de la Roque 1687).
“La première magnanerie au Liban fut établie en 1841 à Btater dans le chouf par Prosper Portalis (puis Nicolas, Joseph, Antoine Fortuné d’origine lyonnaise ; avant de s’installer au Liban ils avaient une maison de commerce à Alexandrie), et la seconde à Ayn Hamadé par Marc Dalek et ses associés en 1847. Ils y utilisèrent la façon de traiter le cocon à la manière européenne. Cette méthode fut répandue au Liban ; les magnaneries atteinrent le nombre de 175 et les roues à dévider 11.284. Le Liban a exporté en 1918 environ 3 millions d’okes (3.750.000 kilos) de soie. L’on peut encore admirer les belles magnaneries qui faisaient travailler la plupart des paysans libanais jusqu’à l’arrivée de la soie artificielle au XXème siècle.
En 1912, il y avait au Liban 183 magnaneries : 19 au Liban Nord, 5 au Mont Liban, 11 au Kesrouan, 112 au Metn, 32 au Chouf et 4 à Beyrouth. Le nombre total des Khalaqines (bacs ou éviers à dévider les cocons) était de 10.696
En 1910, l’exportation des filets de soie atteignit 254.900 kilos, notamment vers
Marseilles et Lyon. En !900, les mûriers au Liban étaient au nombre de 31.665.000 arbres. 60% des revenus du Liban provenaient de la soie. Certaines manufactures ont repris leur fonction en 1942, à l’arrivée des troupes alliées, pour le besoin urgent de la fabrication des parachutes, cela dura jusqu’en 1944.